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Présence de l’église et des chrétiens dans le monde (introduction)

Publié le lundi 8 octobre 2007

Comment définir cela dans le cadre d’un culte chrétien, et , en l’espèce, protestant ?

Le salut par grâce que nous commémorons activement dans le Repas du Seigneur (la Cène) nous rappelle que nous sommes membres de la famille de Dieu, du corps de Christ au double sens du terme. Mais ce salut par grâce nous donne aussi une responsabilité plus grande. Nous avons une double mission/ministère. · Célébrer Dieu par Jésus-Christ dans l’Esprit Saint (fonction d’adoration, de louange du culte chrétien). · Représenter Dieu par l’Esprit Saint en diffusant la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, l’Évangile. On ne peut séparer une mission de l’autre : l’une est l’avers de la médaille, l’autre le revers.

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le souper - Jésus et ses disciples . Le Caravage

Le cadre général

Lecture de l’Évangile de Jean, chapitre 17, versets 11 à 23

11 Je ne suis plus dans le monde ; eux sont dans le monde, et moi je vais à toi. Père saint, garde-les en ton nom, (ce nom) que tu m’as donné, afin qu’ils soient un comme nous. 12 Lorsque j’étais avec eux, je gardais en ton nom ceux que tu m’as donnés. Je les ai préservés, et aucun d’eux ne s’est perdu, sinon le fils de perdition, afin que l’Écriture soit accomplie. 13 Et maintenant, je vais à toi, et je parle ainsi dans le monde, afin qu’ils aient en eux ma joie parfaite. 14 Je leur ai donné ta parole, et le monde les a haïs, parce qu’ils ne sont pas du monde, comme moi, je ne suis pas du monde. 15 Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les garder du Malin. 16 Ils ne sont pas du monde, comme moi, je ne suis pas du monde. 17 Sanctifie-les par la vérité : ta parole est la vérité. 18 Comme tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi je les ai envoyés dans le monde. 19 Et moi, je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu’eux aussi soient sanctifiés dans la vérité. 20 Ce n’est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole, 21 afin que tous soient un ; comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi, qu’eux aussi soient un en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé. 22 Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, afin qu’ils soient un comme nous sommes un 23 moi en eux, et toi en moi, afin qu’ils soient parfaitement un, et que le monde connaisse que tu m’as envoyé et que tu les as aimés, comme tu m’as aimé.

Arrêt sur le verset 11 : «  ils sont dans le monde  »

ici le mot « monde » traduit le mot grec « Kosmos » qui a dans les Évangiles deux sens distincts entraînant souvent des confusions dans la communication chrétienne. 1. Dans ce passage le sens est celui de « monde organisé par les hommes, au travers des sociétés, familles, clans ou tribus. » 2. L’autre sens est péjoratif et désigne le « monde rebelle à l’ordre de Dieu, celui qui est sous la domination de Satan ». Ici, Jésus emploie le mot monde sans lui donner son caractère péjoratif. Les disciples sont membres de leur peuple, de la société de leur temps et appartiennent tous à une famille ou une tribu, si l’on parle des juifs.

Arrêt sur le verset 14 : «  ils ne sont pas du monde  »

le sens du mot « monde » dans cette phrase est plus ambigu, il peut signifier que les disciples n’appartiennent pas ou plus à leur peuple, leur tribu ou leur famille, mais il peut aussi signifier que ces mêmes disciples ne sont pas en conflit avec Dieu et échappent au pouvoir du grand diviseur, Satan. Dans les deux cas, les disciples (donc les chrétiens, donc nous qui lisons et faisons nôtre ce propos) sont mis à part pour leur vocation chrétienne ; c’est ce que Jésus exprime dans le même texte avec le mot « sanctifier ».

La résolution apparente de la contradiction des deux précédents versets s’accomplit au verset 15 qui fixe notre position en tant que le disciple du Christ.

Le verset 18 est un ordre de mission : «  j e les ai aussi envoyés dans le monde  »

le but de cette mission est l’annonce de l’Évangile. Cette annonce n’est pas gratuite et purement culturelle ou intellectuelle, elle poursuit une finalité que le verset 23 formule clairement :

«  que le monde connaisse que tu m’as envoyé  ».

En relisant cette prière, il faudra toujours que le double sens du mot « monde » soit présent à notre esprit.

Jésus ne veut pas les disciples hors de la société (c’est la raison pour laquelle il n’y a pas de moines et de couvents protestants) ; il les veut au milieu d’elle. Comparons avec l’Eglise Catholique qui distingue dans son clergé un clergé régulier et un clergé séculier, le premier obéissant à une règle monastique alors que le second vit dans « le siècle », expression qui désigne le monde au sens ambigu signalé plus haut. Ils séparent de fait les fonctions, alors que le modèle évangélique est la coexistence dans une même personne des deux aspects de la vie : le modèle reste Jésus.

Thème un : comment vivre le verset 15 de Jean 17 dans sa plénitude ?

Qu’est-ce que se préserver du mal tout en étant dans le monde, envoyé par Jésus-Christ, équipé du Saint Esprit pour garder une communion avec Dieu ?

Ce n’est pas « faire comme tout le monde »... Sans réfléchir, par peur de se singulariser. Jésus a prévu cela, hélas pour nous.

Évangile de Jean, chapitre 17, verset 14 : « l e monde les haïs a pas ici parce qu’ils ne sont pas du monde .. ».

Nous ne gagnerons jamais l’amour du monde, ni sa pleine compréhension en étant des disciples fidèles du Christ ; toute autre conception est une illusion dangereuse.

Épître de Paul aux Romains, chapitre 12, verset 2 : «  ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence . »

Le résultat est un paradoxe apparent exprimé dans la première épître de Pierre, chapitre 2, verset 12 :

«  Ayez au milieu des païens une bonne conduite, afin que là même où il vous calomnient comme si vous étiez des malfaiteurs, ils remarquent vos bonnes oeuvres et glorifient Dieu au jour où il les visitera  ».

Pierre reprend ici l’idée de Jésus, déjà vue en Jean chapitre 17 verset 14. Ne nous laissons pas piéger par la popularité de certains croyants : l’Abbé Pierre, mère Teresa ou Martin Luther King par exemple. C’est leur côté social qui est plébiscité, soit un bien laïc. Mais leur position strictement chrétienne est soit inconnue (qui a lu les sermons de King ?), soit plus ou moins gentiment moquée (voir les positions de l’Abbé Pierre sur le mariage, l’avortement...)

Thème 2 : comment être efficace et vrai pour notre mission dans le monde ?

· En ayant une parole certaine à l’image de ce que dit le Nouveau Testament. Avoir le courage de se positionner et s’y tenir parce que c’est le fruit d’une conviction.

Épître de Jacques, chapitre 5, verset 12 : «  avant toute chose, mes frères, ne jurez ni par le ciel ni par la terre ni par aucun autre serment. Mais que votre oui soit oui, et que votre non soit non, afin que que vous ne tombiez pas sous le jugement . »

· En nous faisant, par le Saint Esprit qui est en nous, une opinion sûre en ce qui concerne toutes les choses qui nous touchent de près ou de loin, dans tous les domaines de la vie courante.

Première épître de Jean, chapitre 4, verset premier : «  bien-aimés, n’ajoutez pas foi à tout esprit ; mais éprouvez les esprits pour savoir s’ils sont de Dieu, car plusieurs faux prophètes sont venus dans le monde.  »

Les « faux prophètes » aujourd’hui sont légion : en politique, dans le domaine de la santé, de la morale, de l’économie etc.... Ils peuvent s’appeler « développement personnel », « libéralisme », « bio-éthique », « relativisme moral »… et tant d’autres termes et idées qui vont à l’encontre des paroles et enseignements de la Bible .

Première épître de Paul aux Thessaloniciens, chapitre 5, verset 20 à 22 : «  ne méprisez pas les prophéties, mais examinez toutes choses ; retenez ce qui est bon ; abstenez-vous de toute espèce de mal  »

· En n’ayant aucune crainte.

Épître de Paul aux Phillipiens, chapitre 4, verset 6 : «  ne vous inquiétez de rien ; mais en toutes choses, par la prière et la supplication, avec des actions de grâce, faites connaître à Dieu vos demandes . »

Seconde épître de Paul à Timothée, chapitre 1, verset 7 : «  car ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de maîtrise de soi.  »

Thème 3 : pour quoi faire ?

· Le plus classique : être des témoins.

Acte des apôtres, chapitre premier, verset 8 : « ... Et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre . »

La première mission consiste simplement à dire ce que nous savons, par notre expérience chrétienne.

· Épître de Jacques, chapitre 2, versets 5 à 9 : «  Dieu n’a-t-il pas choisi les pauvres aux yeux du monde ?... N’est-ce pas les riches qui vous oppriment et qui vous traînent devant les tribunaux ?  »

il s’agit donc d’être du côté des faibles, des pauvres et des victimes parce qu’ils sont aimés de Dieu et méprisés des puissants qui ont l’argent pour seul Dieu. Ne faisons pas d’angélisme : les pauvres et les victimes ne sont pas meilleurs que les autres et bons par nature, mais ils étaient et sont ceux que Jésus était venu, en premier lieu, sauver. Voir à ce propos le sermon sur la montagne à partir du chapitre 5 de l’Évangile de Matthieu.

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Le sermon sur la montagne - Eugène Romain van Maldeghem (1813-1867)

· En faisant les bons choix dans notre vie, chaque jour, ce qui va à l’encontre de la pensée unique dominante actuelle.

Évangile de Matthieu, chapitre 7, verset 12 : «  tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux, car c’est la loi et les prophètes.  »

Évangile de Matthieu, chapitre 6, versets 19 à 21 : «  car là où est ton trésor, là aussi sera ton coeur.  »

Altruisme et détachement face à l’argent, deux attitudes qui suffiront à nous différencier du comportement très majoritaire de nos contemporains.

Faire les bons choix, c’est aussi prendre position sur l’actualité, sur la marche du monde, face à ceux qui nous entourent, non pas en suivant nos désirs et nos pensées, mais en cherchant à discerner la pensée du Saint-Esprit, celle qui vient de Jésus-Christ et que la Bible nous confirmera d’une manière ou d ‘une autre.

Conclusion

En agissant ainsi, nous manifesterons une présence constante dans ce monde sans en être la créature manipulée, car l’Evangile nous a affranchis à tout jamais. Epitre de Paul aux Galates, chapitre 5, verset 1 : «  C’est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Demeurez donc fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude.  »




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