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Musique et christianisme : inspiration, destination et réception

Publié le dimanche 21 novembre 2004

Ce texte est la version rédigée d’une émission de télévision enregistrée pour le site vi7vi.com en novembre 2004, à la demande de ses animateurs. Le but est de donner les bases rudimentaires d’une réflexion chrétienne sur des sujets de société. L’auteur y exprime son point de vue et le situe par rapport à la Bible et au monde contemporain.

Les expressions « musique sacrée » ou « musique religieuse » sont d’usage courant dans le classement des genres, dans les médias et la littérature. En tant que musicien et musicologue amateur (ce qui ne signifie pas béotien), je voudrais remettre en question cette terminologie pour ce qu’elle a de fallacieux quant au fond du rapport à entretenir avec la musique. Mais il ne suffit évidemment pas de réfuter un point de vue, il convient de proposer une autre grille de lecture. Ce qui m’amènera en conclusion à proposer un positionnement d’engagement chrétien sur ce sujet.

Réfutation de l’usage courant

Entendre parler de « Musique sacrée », « musique religieuse », « musique chrétienne, bouddhique, islamique » ou toute autre appellation labellisée comparable me hérisse le poil (que j’ai par ailleurs fort abondant !). Pourquoi donc s’en prendre à une expression aussi banale et consensuelle ? Parce qu’elle est fausse, et plus, vide de sens.

La musique est d’abord un langage. C’est, avec la danse ou les langages du corps, le seul langage universel : des musiciens qui ne se comprennent ni d’Eve ni d’Adam peuvent converser par instrument ou chant interposé, traduire colère, joie, recueillement, amour en notes. Ce langage est comme tous les autres à base de sons (phonèmes si on veut être précis), qui sont ici figurés sur le papier par des notes. Leur nombre est limité à sept ( do , ré, mi, fa, sol, la , si ) que l’on peut augmenter ou diminuer d’un demi ton selon les besoins. Pour écrire ces sons et composer des phrases musicales, nous disposons d’une ponctuation et de signes complémentaires (les silences, les accents, les nuances ..). Avec cet alphabet assez rudimentaire, nous mettons en œuvre une grammaire également assez simple, le solfège et une stylistique qui permet de faire des genres divers de composition (valse musette, lied, concerto...). Tout ceci est parfaitement neutre par essence et constitue un bien public que l’on ne peut alièner et dont tous peuvent user. Il n’a pas de notes musulmanes ou chrétiennes, il y a des notes tout court. La musique comme langage ne peut être religieuse, sportive, politique... Elle est par essence neutre ; il ne saurait y avoir de notes sacrées et de notes profanes : parler de « musique sacrée » est donc un véritable non-sens !




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