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Les relations parents-enfants : vision laïque et vision chrétienne, plus de convergences que d’oppositions

Publié le lundi 28 novembre 2005

Ce texte est la version rédigée d’une émission de télévision enregistrée pour le site vi7vi.com en novembre 2004, à la demande de ses animateurs. Le but est de donner les bases rudimentaires d’une réflexion chrétienne sur des sujets de société. L’auteur y exprime son point de vue et le situe par rapport à la Bible et au monde contemporain.

Voici un sujet sur lequel il se dit et s’écrit beaucoup de choses. Le fond de commerce est bon, tant dans la presse écrite où de très nombreux titres vivent des problèmes de relations humaines (couples, familles, jeunes...) que dans les médias audiovisuels (chroniques radio, télé, reportages...). La famille est un thème récurrent des débats de notre pays. Les relations inter-générationnelles sont devenues également sujet à discussion, comme le mystérieux adolescent ou l’enfant, à la fois prince et sujet de nos sociétés en quête de sens profond.Nous voulons d’abord considérer pourquoi la famille et les relations parents-enfants sont aussi importantes dans nos sociétés. Cela nous permettra de caractériser l’attitude contemporaine face à ces deux thèmes. Puis nous ferons une rapide présentation de la vision laïque et républicaine qui est mise en avant en France. Nous pourrons ensuite la comparer à la vision chrétienne, présentée sous quelques angles éthiques et découvrir qu’il y a plus de points communs que de divergences en ce domaine.

Familles et enfants, l’ambiguité des discours et des pratiques

Nous sommes aujourd’hui dans un contexte socio-politique particulièrement ambigü en ce qui concerne la famille et les relations parents-enfants. D’un côté la priorité au soutien institutionnel est clairement manifestée par des portefeuilles ministériels, qu’ils soient des secrétariats d’Etat ou des ministères. Des projets de loi sont régulièrement votés, des plans plus ou moins ambitieux sont mis en œuvre. Il y a donc toute une activité qui laisse à croire que la famille est une composante importante de la société française. Tous les partis politiques ou presque ont une rubrique « famille » dans leur organigramme et leur programme. Mais de l’autre côté, nous trouvons des discours et des postures qui vont dans le sens inverse à cette politique. Il est aujourd’hui de bon ton de brocarder la famille si on veut passer pour un esprit éclairé de gauche : la famille traditionnelle serait réactionnaire, ceux qui la soutiendraient seraient fatalement d’extrême-droite, proche du pétainisme. La mode est à l’homoparentalité , au PACS, au mariage homosexuel, lesquels seraient modernes et progressistes. S’y opposer ou ne pas les trouver formidables vous rangerait irrémédiablement dans le clan des réactionnaires. L’adolescent est alors pris comme symbole de la victimisation ambiante : la famille le brime, ne le comprend pas, il ne peut y communiquer.

Sur ce terrain prospèrent une multitude de journaux qui donnent conseils et avis, sous forme de fiches, entretiens, recettes...Les livres se multiplient, les experts fleurissent (pédo-psyciatres, psychologues, conseillers conjugaux, enseignants...), le chiffre d’affaire enfle. La famille c’est ringard, mais ça rapporte. Et surout pour ne rien dire. Car la lecture de ces magazines et l’écoute de ces programmes révèle une indigence de fond. Mais on n’est pas là dans le rationnel, il s’agit de traiter les angoisses réelles ou supposées de familles de plus en plus diverses et donc de moins en moins ressemblantes aux modèles classiques. La réalité est bien là : la famille n’est pas du tout remise en question, il y une dissociation terrible entre le propos et le vécu. Le syndrome « Tanguy » des adultes jeunes qui s’incrustent à la maison fait des ravages par ces temps d’études longues et de chômage. Les enfants et adolescents se choisissent des familles d’adoption chez leurs copains quand ça va mal chez eux. Bref, la famille se porte bien mais elle est multiforme et soumise à des appréciations diamétralement opposées. L’évolution des mœurs des trente dernières années en France a été très rapide et a donc bouleversé un édifice assez immobile. De la famille élargie cohabitante, on est passé à la famille mononucléaire, aux familles recomposées, à la multitude des familles monoparentales, lesquelles coexistent avec des familles d’origine étrangère ou immigrées qui gardent encore leur forte structure identitaire. Le « choc des familles » est une réalité. Mais au delà de cette diversité, il est utile de rappeler cette évidence : une famille est le reflet d’une vision du monde matérialisée par un modèle social. Le brassage des populations actuels met en contact des visions jusque là protégées et monopolistiques dans leur aire culturelle. A travers la famille se livre en réalité un affrontement idéologique majeur. Il n’est pas ici question de rentrer dans cette analyse qui est passionnante mais fort complexe. Nous voudrions, après avoir brossé un tableau de la situation française actuelle, analyser les valeurs qui structurent la famille en France, à partir de deux modèles dominants (que les autres nous excusent de les ignorer ici !) : le modèle laïc républicain et le modèle chrétien (catholique ou protestant).




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