dans la marge le site

Accueil du site Actualité et point de vue chrétien L’enthousiaste et le craintif prédication du 17 mai 2015

L’enthousiaste et le craintif prédication du 17 mai 2015

Publié le dimanche 17 mai 2015

Une prédication qui revisite des personnages bibliques et leur réaction face à l’appel de Dieu. Une invitation à l’enthousiasme.

La Bible offre une formidable galerie de portraits, ce que l’on appelle des « types ». Nous nous intéressons aujourd’hui à deux types opposés ; Au cœur de notre méditation : comment réagissons-nous aux injonctions ou paroles de Dieu ? Que ce soit un appel, un envoi, une mise en garde ou une interdiction, il y a diverses façons de réagir illustrées par la Bible. Cette façon de réagir est-elle importante ? Si oui, pourquoi ? Mon salut est-il en jeu ? Ou s’agit-il d’un autre type d’importance ? Nous allons considérer deux réactions opposées face à une mission confiée par Dieu et nous demander, à partir de grands exemples bibliques, en quoi cela me concerne personnellement. Nous conclurons sur la bonne attitude à avoir selon cet enseignement biblique.

Le craintif face à l’appel de Dieu

Lecture biblique : Jonas 1 :1-3

1 La parole de l’Eternel fut adressée à Jonas, fils d’Amitthaï, en ces mots : 2 Lève-toi, va à Ninive, la grande ville, et crie contre elle ! car sa méchanceté est montée jusqu’à moi. 3 Et Jonas se leva pour s’enfuir à Tarsis, loin de la face de l’Eternel. Il descendit à Japho, et il trouva un navire qui allait à Tarsis ; il paya le prix du transport, et s’embarqua pour aller avec les passagers à Tarsis, loin de la face de l’Eternel.

Sans doute le cas le plus connu de peur face à une mission divine. Cette histoire est une sorte de compilation de récits que l’on peut aussi rencontrer dans d’autres pays du proche-orient, preuve des influences réciproques entre les cultures et du fait que Dieu n’a pas dicté la Bible à ses auteurs, mais l’a inspirée. Jonas n’est pas un prophète au sens classique et sa place dans le recueil des prophètes de la Torah est déjà une surprise. L’histoire de Jonas appartient à ce que la culture religieuse juive appelle la Hagada, collection d’histoires édifiantes à fins morales.

Ce qui nous intéresse aujourd’hui dans ce que nous venons de lire consiste en trois points précis :

· La parole de l’Eternel est adressée à Jonas et il la reconnaît en tant que telle. Il est donc habitué à l’identifier, ce qui peut le classer effectivement parmi les prophètes.

· Un ordre de mission précis est établi. Il est assez incroyable : Dieu envoie un obscur petit prophète hébreu prêcher la fin et la repentance aux habitants de Ninive , la puissante capitale assyrienne, qui sera complètement détruite par les Mèdes et Babyloniens en 612 BC. Le texte biblique parle de 120 000 habitants, les archéologues penchent plutôt pour 75 000, ce qui en fait une très grande ville à cette époque.

· La peur saisit Jonas lorsqu’il entend et comprend le sens de sa mission. Il s’enfuit dans la direction opposée, vers l’Espagne actuelle.

Il nous arrive sans doute parfois de clairement entendre Dieu nous parler – de différentes manières -, nous savons, par le Saint-Esprit, dont c’est une des fonctions, reconnaître sa voix en nous ou pour nous. Parfois ce qui nous est demandé paraît hors de portée ou dangereux. Nous refusons la mission et, courageusement, nous fuyons. Jonas avait des raisons objectives d’avoir peur, et nous pouvons aussi être tout à fait raisonnablement effrayé par certains aspects de la mission que Dieu veut nous confier. Nous avons, humainement, raison, mais nous avons chrétiennement tort. Ce qui implique de se poser la question de ces deux ordres distincts. Ne reprenons pas tout le récit de Jonas, mais posons simplement la question : comment cette mission précise sera-t-elle accomplie, si celui qui est envoyé, Jonas dans l’histoire, ou moi, la refuse ? Ajoutons une autre question : Comment pourrais-je passer outre ma peur et aller ?

Complétons rapidement par deux autres exemples célèbres.

Moïse et l’envoi par l’Eternel en Egypte :

Lecture biblique : Exode 3 :10 à 4 :14

10 Maintenant, va, je t’enverrai auprès de Pharaon, et tu feras sortir d’Egypte mon peuple, les enfants d’Israël. 11 Moïse dit à Dieu : Qui suis-je, pour aller vers Pharaon, et pour faire sortir d’Egypte les enfants d’Israël ? 12 Dieu dit : Je serai avec toi ; et ceci sera pour toi le signe que c’est moi qui t’envoie : quand tu auras fait sortir d’Egypte le peuple, vous servirez Dieu sur cette montagne. 13 Moïse dit à Dieu : J’irai donc vers les enfants d’Israël, et je leur dirai : Le Dieu de vos pères m’envoie vers vous. Mais, s’ils me demandent quel est son nom, que leur répondrai-je ? 14 Dieu dit à Moïse : Je suis celui qui suis. Et il ajouta : C’est ainsi que tu répondras aux enfants d’Israël : Celui qui s’appelle ‘Je suis’ m’a envoyé vers vous. 15 Dieu dit encore à Moïse : Tu parleras ainsi aux enfants d’Israël : L’Eternel, le Dieu de vos pères, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob, m’envoie vers vous. Voilà mon nom pour l’éternité, voilà mon nom de génération en génération. 16 Va, rassemble les anciens d’Israël, et dis-leur : L’Eternel, le Dieu de vos pères, m’est apparu, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Il a dit : Je vous ai vus, et j’ai vu ce qu’on vous fait en Egypte, 17 et j’ai dit : Je vous ferai monter de l’Egypte, où vous souffrez, dans le pays des Cananéens, des Héthiens, des Amoréens, des Phéréziens, des Héviens et des Jébusiens, dans un pays où coulent le lait et le miel. 18 Ils écouteront ta voix ; et tu iras, toi et les anciens d’Israël, auprès du roi d’Egypte, et vous lui direz : L’Eternel, le Dieu des Hébreux, nous est apparu. Permets-nous de faire trois journées de marche dans le désert, pour offrir des sacrifices à l’Eternel, notre Dieu. 19 Je sais que le roi d’Egypte ne vous laissera point aller, si ce n’est par une main puissante. 20 J’étendrai ma main, et je frapperai l’Egypte par toutes sortes de prodiges que je ferai au milieu d’elle. Après quoi, il vous laissera aller. 21 Je ferai même trouver grâce à ce peuple aux yeux des Egyptiens, et quand vous partirez, vous ne partirez point à vide. 22 Chaque femme demandera à sa voisine et à celle qui demeure dans sa maison des vases d’argent, des vases d’or, et des vêtements, que vous mettrez sur vos fils et vos filles. Et vous dépouillerez les Egyptiens. Chapitre 4 :1 Moïse répondit, et dit : Voici, ils ne me croiront point, et ils n’écouteront point ma voix. Mais ils diront : L’Eternel ne t’est point apparu. 2 L’Eternel lui dit : Qu’y a-t-il dans ta main ? Il répondit : Une verge. 3 L’Eternel dit : Jette-la par terre. Il la jeta par terre, et elle devint un serpent. Moïse fuyait devant lui. 4 L’Eternel dit à Moïse : Etends ta main, et saisis-le par la queue. Il étendit la main et le saisit ; et le serpent redevint une verge dans sa main. 5 C’est là, dit l’Eternel, ce que tu feras, afin qu’ils croient que l’Eternel, le Dieu de leurs pères, t’est apparu, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob. 6 L’Eternel lui dit encore : Mets ta main dans ton sein. Il mit sa main dans son sein ; puis il la retira, et voici, sa main était couverte de lèpre, blanche comme la neige. 7 L’Eternel dit : Remets ta main dans ton sein. Il remit sa main dans son sein ; puis il la retira de son sein, et voici, elle était redevenue comme sa chair. 8 S’ils ne te croient pas, dit l’Eternel, et n’écoutent pas la voix du premier signe, ils croiront à la voix du dernier signe. 9 S’ils ne croient pas même à ces deux signes, et n’écoutent pas ta voix, tu prendras de l’eau du fleuve, tu la répandras sur la terre, et l’eau que tu auras prise du fleuve deviendra du sang sur la terre. 10 Moïse dit à l’Eternel : Ah ! Seigneur, je ne suis pas un homme qui ait la parole facile, et ce n’est ni d’hier ni d’avant-hier, ni même depuis que tu parles à ton serviteur ; car j’ai la bouche et la langue embarrassées. 11 L’Eternel lui dit : Qui a fait la bouche de l’homme ? et qui rend muet ou sourd, voyant ou aveugle ? N’est-ce pas moi, l’Eternel ? 12 Va donc, je serai avec ta bouche, et je t’enseignerai ce que tu auras à dire. 13 Moïse dit : Ah ! Seigneur, envoie qui tu voudras envoyer. 14 Alors la colère de l’Eternel s’enflamma contre Moïse, et il dit : N’y a-t-il pas ton frère Aaron, le Lévite ? Je sais qu’il parlera facilement. Le voici lui-même, qui vient au-devant de toi ; et, quand il te verra, il se réjouira dans son coeur.

Nous sommes là face à une autre technique : celle qui consiste à rechercher des excuses et à se déclarer soi-même inapte. Moïse déploie un talent certain dans ce sens. Comme pour Jonas, la mission est lourde, impossible et périlleuse (Moïse a tué un égyptien et s’est enfui ensuite).

Verset 10 du chapitre 3 : la mission est claire. Elle est humainement suicidaire.

A quoi Moïse oppose toute une série d’arguments personnels, sans nul doute recevables :

· Qui suis-je pour accomplir cela ? Verset 11 chapitre 3.

· Quel est ton nom, à toi qui veux m’envoyer ? Verset 13 chapitre 3.

· Ils en me croiront pas et me prendront pour un menteur. Verset 1 chapitre 4

· J’ai la « parole pesante », je ne sais pas m’exprimer. Verset 10 chapitre 4

Ces objection finissent par irriter Dieu : verset 14 chapitre 4. A chaque objection Dieu répond clairement, et Moïse n’a plus d’arguments ; mais il n’est pas vraiment convaincu et rassuré.

Moïse nous offre un petit catalogue des objections universelles pour qui veut se « débiner » face à une tâche délicate. Il faut reconnaître, quand on lit la suite du récit que Moïse a raison sur plusieurs points. Sa défense n’est donc pas absurde, mais elle est strictement humaine. C’est son unique et majeur défaut. Nous jouons souvent à ce jeu, même si nous ne le disons pas ouvertement. Nous cherchons des faux-fuyant, nous mettons en avant nos faiblesses, nous mobilisons toutes nos capacités critiques et intellectuelles pour échapper à la demande divine. Nous restons dans notre sphère humaine, Paul dirait « charnelle », ici sans notation péjorative, mais dans un sens biologique.

Gédéon, l’incrédule :

Lecture biblique : Juges 6 : 11-23 et 36-40

11 Puis vint l’ange de l’Eternel, et il s’assit sous le térébinthe d’Ophra, qui appartenait à Joas, de la famille d’Abiézer. Gédéon, son fils, battait du froment au pressoir, pour le mettre à l’abri de Madian. 12 L’ange de l’Eternel lui apparut, et lui dit : L’Eternel est avec toi, vaillant héros ! 13 Gédéon lui dit : Ah ! mon seigneur, si l’Eternel est avec nous, pourquoi toutes ces choses nous sont-elles arrivées ? Et où sont tous ces prodiges que nos pères nous racontent, quand ils disent : L’Eternel ne nous a-t-il pas fait monter hors d’Egypte ? Maintenant l’Eternel nous abandonne, et il nous livre entre les mains de Madian ! 14 L’Eternel se tourna vers lui, et dit : Va avec cette force que tu as, et délivre Israël de la main de Madian ; n’est-ce pas moi qui t’envoie ? 15 Gédéon lui dit : Ah ! mon seigneur, avec quoi délivrerai-je Israël ? Voici, ma famille est la plus pauvre en Manassé, et je suis le plus petit dans la maison de mon père. 16 L’Eternel lui dit : Mais je serai avec toi, et tu battras Madian comme un seul homme. 17 Gédéon lui dit : Si j’ai trouvé grâce à tes yeux, donne-moi un signe pour montrer que c’est toi qui me parles. 18 Ne t’éloigne point d’ici jusqu’à ce que je revienne auprès de toi, que j’apporte mon offrande, et que je la dépose devant toi. Et l’Eternel dit : Je resterai jusqu’à ce que tu reviennes. 19 Gédéon entra, prépara un chevreau, et fit avec un épha de farine des pains sans levain. Il mit la chair dans un panier et le jus dans un pot, les lui apporta sous le térébinthe, et les présenta. 20 L’ange de Dieu lui dit : Prends la chair et les pains sans levain, pose-les sur ce rocher, et répands le jus. Et il fit ainsi. 21 L’ange de l’Eternel avança l’extrémité du bâton qu’il avait à la main, et toucha la chair et les pains sans levain. Alors il s’éleva du rocher un feu qui consuma la chair et les pains sans levain. Et l’ange de l’Eternel disparut à ses yeux. 22 Gédéon, voyant que c’était l’ange de l’Eternel, dit : Malheur à moi, Seigneur Eternel ! car j’ai vu l’ange de l’Eternel face à face. 23 Et l’Eternel lui dit : Sois en paix, ne crains point, tu ne mourras pas. […] 36 Gédéon dit à Dieu : Si tu veux délivrer Israël par ma main, comme tu l’as dit, 37 voici, je vais mettre une toison de laine dans l’aire ; si la toison seule se couvre de rosée et que tout le terrain reste sec, je connaîtrai que tu délivreras Israël par ma main, comme tu l’as dit. 38 Et il arriva ainsi. Le jour suivant, il se leva de bon matin, pressa la toison, et en fit sortir la rosée, qui donna de l’eau plein une coupe. 39 Gédéon dit à Dieu : Que ta colère ne s’enflamme point contre moi, et je ne parlerai plus que cette fois, Je voudrais seulement faire encore une épreuve avec la toison : que la toison seule reste sèche et que tout le terrain se couvre de rosée. 40 Et Dieu fit ainsi cette nuit-là. La toison seule resta sèche, et tout le terrain se couvrit de rosée.

Gédéon veut confirmation. La parole divine de l’ange de Dieu ne lui suffit pas, il se méfie, un peu comme Thomas face au Christ ressuscité. Cette attitude s’appelle l’incrédulité, elle est une composante importante de notre nature humaine ; nous y sommes tous confrontés un jour ou l’autre, quelle que soit la nature du moment. Gédéon va donc soumettre Dieu à des « tests », des épreuves.

· D’abord, il va voir se consumer entièrement et instantanément son offrande : verset 21 chapitre 6.

· Puis il posera le double signe de la toison, humide et sèche tour à tour : versets 36-40 du chapitre 6

Gédéon représente une sorte de synthèse de la peur et de l’incrédulité, car sa mission est tout aussi périlleuse que celle de Moïse ou Jonas : verset 14 chapitre 6. Il présente des arguments « à la Moïse », en se minorisant au maximum. Puis il pose les tests. Mais il finira par obtempérer, comme Moïse, et accomplir sa mission.

Nous sommes si souvent comme Gédéon. Face à la parole précise de Dieu, nous ne pouvons simplement croire et faire confiance. Toute notre petitesse nous rattrape. Nous voulons être sûrs avant de partir au combat. C’est strictement le contraire de la définition de la foi donnée dans la Bible : Hébreux 11 :1

« Or, la foi est une ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas. »

Gédéon veut voir, il ne peut faire confiance. Combien de fois sommes-nous ainsi ? Il est si difficile de cultiver l’espérance spirituelle quand tout autour de nous va contre.

Hébreux 6 :19 :

« Cette espérance, nous la possédons comme une ancre de l’âme, sûre et solide ; elle pénètre au-delà du voile. »

Mais il existe une solution à ce doute. La bible nous décrit une autre attitude, opposée et conforme à la foi.

L’enthousiaste et le serviteur zélé

Trois exemples-types : · Celui qui entend l’appel et y répond ; · Celui qui accomplit sa mission avec joie ; · Celui qui vit une communion fraternelle active et joyeuse.

Celui qui entend l’appel et y répond avec empressement :

Lecture biblique : Esaïe 6 : 8

« J’entendis la voix du Seigneur disant : Qui enverrais-je, et qui marchera pour nous ? je répondis : me voici, envoie-moi. »

Dieu appelle et Esaïe répond simplement. Il se met à disposition, sans savoir si sa mission sera dangereuse ou aisée. Il fait confiance au Seigneur.

Psaume 69 :10

« Car le zèle de ta maison me dévore, et les outrages de ceux qui t’insultent tombent sur moi. »

Ce psaume décrit le serviteur du Seigneur (et pas seulement le Christ, relisez-le !), celui qu’il agrée. Celui-ci est habité par le zèle. Voici un mot à considérer : il vient du grec zelos, puis latin zelus et signifie, jalousie, zèle, mais aussi émulation, rivalité et au final aussi, ferveur et ambition. Le zèle est un empressement humain, une bonne volonté joyeuse mise au service d’une cause.

Celui qui accomplit sa mission avec joie :

Lecture biblique : Luc 10 :1-20, surtout le verset 17.

1 Après cela, le Seigneur désigna encore soixante-dix autres disciples, et il les envoya deux à deux devant lui dans toutes les villes et dans tous les lieux où lui-même devait aller. 2 Il leur dit : La moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson. 3 Partez ; voici, je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. 4 Ne portez ni bourse, ni sac, ni souliers, et ne saluez personne en chemin. 5 Dans quelque maison que vous entriez, dites d’abord : Que la paix soit sur cette maison ! 6 Et s’il se trouve là un enfant de paix, votre paix reposera sur lui ; sinon, elle reviendra à vous. 7 Demeurez dans cette maison-là, mangeant et buvant ce qu’on vous donnera ; car l’ouvrier mérite son salaire. N’allez pas de maison en maison. 8 Dans quelque ville que vous entriez, et où l’on vous recevra, mangez ce qui vous sera présenté, 9 guérissez les malades qui s’y trouveront, et dites-leur : Le royaume de Dieu s’est approché de vous. 10 Mais dans quelque ville que vous entriez, et où l’on ne vous recevra pas, allez dans ses rues, et dites : 11 Nous secouons contre vous la poussière même de votre ville qui s’est attachée à nos pieds ; sachez cependant que le royaume de Dieu s’est approché. 12 Je vous dis qu’en ce jour Sodome sera traitée moins rigoureusement que cette ville-là. 13 Malheur à toi, Chorazin ! malheur à toi, Bethsaïda ! car, si les miracles qui ont été faits au milieu de vous avaient été faits dans Tyr et dans Sidon, il y a longtemps qu’elles se seraient repenties, en prenant le sac et la cendre. 14 C’est pourquoi, au jour du jugement, Tyr et Sidon seront traitées moins rigoureusement que vous. 15 Et toi, Capernaüm, qui as été élevée jusqu’au ciel, tu seras abaissée jusqu’au séjour des morts. 16 Celui qui vous écoute m’écoute, et celui qui vous rejette me rejette ; et celui qui me rejette rejette celui qui m’a envoyé. 17 Les soixante-dix revinrent avec joie, disant : Seigneur, les démons mêmes nous sont soumis en ton nom. 18 Jésus leur dit : Je voyais Satan tomber du ciel comme un éclair. 19 Voici, je vous ai donné le pouvoir de marcher sur les serpents et les scorpions, et sur toute la puissance de l’ennemi ; et rien ne pourra vous nuire. 20 Cependant, ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont écrits dans les cieux.

Les soixante-dix ont vécu une expérience heureuse, celle de la puissance agissante de Dieu (guérison, délivrance…), communiquée par Jésus. Ils sont dans la joie, un état contraire à la peur. Ils ont fait confiance à celui qu’ils suivent et sont partis sans douter. Dieu a tenu ses promesses et ils peuvent donc profiter de la joie d’une mission accomplie réussie.

Nous avons tous connus, je l’espère, ces moments où, après avoir obéi à Dieu, nous avons eu la joie de la réussite dans notre mission, que ce soit dans le témoignage, dans les visites ou dans une victoire spirituelle.

Ceux qui vivent la joie d’une communion fraternelle active :

Lecture biblique : Actes 2 :42-46, verset 46 surtout.

42 Ils persévéraient dans l’enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les prières. 43 La crainte s’emparait de chacun, et il se faisait beaucoup de prodiges et de miracles par les apôtres. 44 Tous ceux qui croyaient étaient dans le même lieu, et ils avaient tout en commun. 45 Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens, et ils en partageaient le produit entre tous, selon les besoins de chacun. 46 Ils étaient chaque jour tous ensemble assidus au temple, ils rompaient le pain dans les maisons, et prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de coeur, 47 louant Dieu, et trouvant grâce auprès de tout le peuple. Et le Seigneur ajoutait chaque jour à l’Eglise ceux qui étaient sauvés.

L’église première de Jérusalem est une église joyeuse, après la Pentecôte, car elle expérimente la puissance du Saint-Esprit. Elle est ainsi encouragée à persévérer (verstes42 & 46), malgré les épreuves qui vont advenir ensuite. C’est la vie commune autour de la pratique du culte et de la charité qui soude les croyants et els rend heureux. La communion fraternelle est un atout considérable dont je sui toujours attristé de voir des chrétiens se priver.

Mais cette joie ne se limite pas aux moments de réussite et de bénédiction.

Paul et Silas chantent au fond de leur prison :

Lecture biblique : Actes 16 :16-34, verset 25 surtout . (Thyatire ou Philippes)

24 Le geôlier, ayant reçu cet ordre, les jeta dans la prison intérieure, et leur mit les ceps aux pieds. 25 Vers le milieu de la nuit, Paul et Silas priaient et chantaient les louanges de Dieu, et les prisonniers les entendaient. 26 Tout à coup il se fit un grand tremblement de terre, en sorte que les fondements de la prison furent ébranlés ; au même instant, toutes les portes s’ouvrirent, et les liens de tous les prisonniers furent rompus. 27 Le geôlier se réveilla, et, lorsqu’il vit les portes de la prison ouvertes, il tira son épée et allait se tuer, pensant que les prisonniers s’étaient enfuis. 28 Mais Paul cria d’une voix forte : Ne te fais point de mal, nous sommes tous ici. 29 Alors le geôlier, ayant demandé de la lumière, entra précipitamment, et se jeta tout tremblant aux pieds de Paul et de Silas ; 30 il les fit sortir, et dit : Seigneurs, que faut-il que je fasse pour être sauvé ? 31 Paul et Silas répondirent : Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et ta famille. 32 Et ils lui annoncèrent la parole du Seigneur, ainsi qu’à tous ceux qui étaient dans sa maison. 33 Il les prit avec lui, à cette heure même de la nuit, il lava leurs plaies, et aussitôt il fut baptisé, lui et tous les siens. 34 Les ayant conduits dans son logement, il leur servit à manger, et il se réjouit avec toute sa famille de ce qu’il avait cru en Dieu.

Ce texte décrit une situation paradoxale :

  Paul et Silas ont été torturés et emprisonnés parce qu’ils annoncent l’Evangile : verset 23 ;

  Mais, en pleine nuit, ils chantent les louanges de Dieu et prient dans leur prison : verset 25 .

Cette confiance n’est pas due à leur stupidité naïve, mais à leur foi qui leur dit qu’ils agissent pour Dieu et qu’il ne les laissera pas choir, où qu’ils soient. La suite du récit manifeste cela de manière grandiose : le geôlier, et toute sa maison, les soigne et se fait baptiser, acceptant le message du salut de Paul et Silas.

Les disciples d’Emmaüs expérimentent l’enthousiasme :

Lecture biblique : Luc 24 : 13-32, verset 32 surtout.

13 Et voici, ce même jour, deux disciples allaient à un village nommé Emmaüs, éloigné de Jérusalem de soixante stades ; 14 et ils s’entretenaient de tout ce qui s’était passé. 15 Pendant qu’ils parlaient et discutaient, Jésus s’approcha, et fit route avec eux. 16 Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. 17 Il leur dit : De quoi vous entretenez-vous en marchant ? Et ils s’arrêtèrent, l’air attristé. 18 L’un d’eux, nommé Cléopas, lui répondit : Es-tu le seul qui, séjournant à Jérusalem ne sache pas ce qui y est arrivé ces jours-ci- Quoi ? leur dit-il. - 19 Et ils lui répondirent : Ce qui est arrivé au sujet de Jésus de Nazareth, qui était un prophète puissant en oeuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple, 20 et comment les principaux sacrificateurs et nos magistrats l’on livré pour le faire condamner à mort et l’ont crucifié. 21 Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël ; mais avec tout cela, voici le troisième jour que ces choses se sont passées. 22 Il est vrai que quelques femmes d’entre nous nous ont fort étonnés ; s’étant rendues de grand matin au sépulcre 23 et n’ayant pas trouvé son corps, elles sont venues dire que des anges leurs sont apparus et ont annoncé qu’il est vivant. 24 Quelques-uns de ceux qui étaient avec nous sont allés au sépulcre, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont point vu. 25 Alors Jésus leur dit : O hommes sans intelligence, et dont le coeur est lent à croire tout ce qu’ont dit les prophètes ! 26 Ne fallait-il pas que le Christ souffre ces choses, et qu’il entre dans sa gloire ? 27 Et, commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Ecritures ce qui le concernait. 28 Lorsqu’ils furent près du village où ils allaient, il parut vouloir aller plus loin. 29 Mais ils le pressèrent, en disant : Reste avec nous, car le soir approche, le jour est sur son déclin. Et il entra, pour rester avec eux. 30 Pendant qu’il était à table avec eux, il prit le pain ; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le leur donna. 31 Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent ; mais il disparut de devant eux. 32 Et ils se dirent l’un à l’autre : Notre coeur ne brûlait-il pas au-dedans de nous, lorsqu’il nous parlait en chemin et nous expliquait les Ecritures ?

Les deux disciples sont au fond du trou, ils remettent en question toute l’œuvre de Jésus, ils ne croient pas à sa résurrection. Ils sont dans le découragement et l’incrédulité. La rencontre avec Jésus et le dessillement de leur yeux spirituels bouleverse tout cela et le verset 32 traduit leur état spirituel personnel : « Notre cœur ne brûlait-il pas au dedans… » Le feu est ici le symbole de la vie surnaturelle, de la lumière dans les ténèbres, de la chaleur dans le froid de la tourmente, de ce qui purifie…

Que tirer ici et maintenant pour nous, en église et individuellement, de tous ces textes ?

Je retiendrai deux éléments essentiels : le zèle et l’enthousiasme. Ces deux comportements sont positifs et contrastent avec la crainte, le découragement, l’incrédulité ou la faiblesse, mais ils sont différents.

  Le zèle est une attitude humaine, nous dirions aujourd’hui une « motivation » sans faille, dont les racines peuvent être multiples, parfois spirituelles (amour de Dieu, du prochain, reconnaissance, foi…), parfois strictement charnelles (refus de l’échec, émulation, compétition, ambitions…). Le zèle est la part de l’homme, avec ses ambiguïtés.

  L’enthousiasme est d‘une autre nature. C’est la part de Dieu. Le mot vient directement du Grec « enthousiasmos » qui signifie « transport divin », et du verbe « enthousiazein », « être inspiré par la divinité ». Le terme était appliqué aux desservants des cultes et a été repris pour le christianisme ensuite.

Il est bien évident qu’il est préférable d’agir comme les derniers évoqués que comme Jonas, Moïse ou Gédéon, face à l’appel. Mais nous devons considérer plusieurs points :

  Moïse, Gédéon ou Jonas sont des hommes de Dieu, qui ont accompli, à leur échelle, des grandes choses pour Dieu. Il ne leur a pas demandé à tous trois la même chose. Les missions sont plus ou moins complexes et durables. Mais, une fois surmontée leur réticence, ils ont été de bons serviteurs. Or, ce qui compte est la fin d’une chose et non son commencement.

  Il est préférable d’être enthousiaste et zélé, car cela signifie une communion spirituelle avec Dieu.

  La peur, la crainte, la faiblesse, l’incrédulité sont notre part à tous aussi. Elles sont notre humanité. Ce que nous apprenons ici est qu’elles peuvent être dépassées en Dieu et par Jésus-Christ. Et, qu’une fois dépassés, ces comportements n’empêchent nullement Dieu d’agir par nous et de nous faire connaître le succès dans nos missions pour Lui.

Il nous faut désirer et cultiver l’enthousiasme. Par la prière et la vie de l’Esprit au quotidien. C’est le plus beau des comportements. Mais quand nous nous conduisons simplement comme des hommes, rappelons-nous ce verset :

« L’amour parfait bannit la crainte »  :

Première épitre de Jean 4 :18




repondre à l'articleimprimer l'article






Plan du site avec articles.
RSS 2.0

Mes autres sites :
 Geographica
 Pensée libre
 Little Romania
 Musiques et Mots
 Le Blog à Jean-mi